intervention conseil municipal du 24/04/2014

Publié le par Collectif Front de gauche

intervention conseil municipal du 24/04/2014

Madame Le Maire, chers collègues

Dans votre document d'orientations budgétaires sont détaillés plusieurs points qui, compte tenu de la situation locale, elle-même à ne pas isoler du contexte national, sont de nature à m'inquiéter.

En effet, dans votre programme électoral, vous vous êtes engagée à ne pas augmenter les impôts des Brévannais pendant 6 ans. Nous nous en félicitons.

La lecture des orientations budgétaires fait apparaître, je vous cite : « des opérations sélectionnées avec soin » et que vous appelez le « minimum indispensable » parmi lesquelles, la réalisation de la voirie, l'achat d'un véhicule de police, la sécurisation des écoles... etc

Pensez-vous, compte tenu des attentes exprimées par les Brévannais et de la situation économique à laquelle ils sont confrontés aujourd'hui, que ce sont là les réponses immédiates à apporter ?

Quand je regarde par exemple le tableau page 7, celui-ci fait apparaître un différentiel en augmentation des recettes de fonctionnement liées à la participation familiale et à la cantine de 180 000 euros. Cela se traduit-il par une révision du quotient familial affectant les familles les plus modestes ?

Par ailleurs, en mettant en opposition ce « minimum indispensable » avec les 5,8 millions engagés pour le pôle Pasteur par l'équipe municipale sortante, vous semblez regretter les choix alors qu'ils comprennent la construction d'un centre social, d'une crèche, d'écoles.

Non seulement on voit bien que vos priorités ne vont pas dans le sens de la solidarité et de la réponse publique en direction des enfants, de leurs familles et de leurs conditions de logement, mais aussi je relève des incohérences lorsque vous vous félicitez des ouvertures de classes supplémentaires que l'Académie a décidé, tout début avril, d'octroyer à notre ville ; 5 sur l'ensemble de la ville dont 2 actées sur le pôle Pasteur (Martine Soulié et Pasteur B).

Sur la fibre optique, nous savons que vous êtes opposée au projet d'accès au très haut débit à tous les Brévannais, la municipalité de gauche avait fait le choix d'investir dans ces technologies innovantes.

Mais Mme le Maire, traduire une somme de 3,6 millions pour 50 bénéficiaires est le résultat d'une opération purement fantaisiste !

Il est évident que plus il y aura de Brévannais connectés, plus le montant par habitant s'en trouvera réduit. Car enfin comment une commune comptant aujourd'hui près de 21 000 habitants peut-elle se passer de moyens de communication les plus élémentaires en les rendant accessibles à tous ?

Nous savons qu’il y a 3517 familles équipés dans leurs logements et qui attendent l’arrivée d’opérateur tel que Numéricâble.

Avez-vous estimé la pure perte de l’abandon d’un tel projet pour les Brévannais, les entreprises et les écoles.

Sur l'état des lieux financier, et au vu des éléments que vous relevez, il ne nous apparaît vraiment pas indispensable de consacrer un audit dont on sait que c'est en général, très onéreux. Maintenant que vous disposez pleinement des services et des agents territoriaux de la ville, je ne vois pas l'intérêt de recourir à un tel audit.

Par contre, il faut que chaque élu dispose des documents nécessaires afin d'avoir un regard avisé sur la situation financière évoquée dans votre document d'orientations budgétaires. Il s'agit là, d'un enjeu démocratique !

Car nous devons débattre aujourd'hui de la façon d'utiliser l'argent public au mieux.

Il me semble qu'il doit l'être dans le sens d'une plus grande justice sociale ce qui suppose la préservation des services publics et non la diminution des moyens comme vous vous apprêtez à le faire.

Ce d'autant que l’État demande des efforts supplémentaires aux collectivités territoriales en opérant un prélèvement massif sur leurs concours financiers.

A ce titre, la réponse faite par le Premier ministre et qui fait suite au pacte de responsabilité, asphyxiant les communes en leur demandant un effort supplémentaire de 11 milliards d'ici 2017, n'est pas de bonne augure. D'autant qu'à ceci s'ajoutent les politiques menées par Nicolas Sarkozy et notamment la suppression de la taxe professionnelle.

Nous étions déjà opposés à ces mesures à l'époque, nous le sommes toujours aujourd'hui.

A ce sujet, je vous invite à lire et peut être, Mme le Maire à vous associer, au communiqué de l'Association des Maires de France du 18 avril qui s'inquiète de ces mesures et qui demande la tenue d'une instance de négociation sur les finances locales et les politiques publiques des collectivités territoriales.

Enfin et sans vouloir être trop long je vous renvois à l’intervention que j’ai faite sur le Grand Paris lors du précédent conseil municipal, dont les conséquences seront catastrophiques sur les aspects démocratiques ainsi qu’en termes d’autonomies financières.

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Marguerite D 07/05/2014 15:30

Excellente intervention de l élu front de gauche ( opposition) travail de fond, argumentation cohérente et pertinente ceci traduit à mon sens un vrai travail de fond de la réalpolitik ça tranche nettement avec certaines interventions planplans. Enfin on eleve le niveau.